Un monde meilleur ?, Armand Colin, 2005

 

Nul autre thème que la mondialisation ne fait l’objet de tant d’écrits, de discours et de polémiques. Il s’agit bien de la caractéristique la plus frappante de l’évolution des dernières décennies. Nous sommes plongés dans un tourbillon à la fois économique, politique et culturel où l’ensemble des pays participe, où le brassage des biens, des peuples et des civilisations n’a jamais été aussi poussé. Il s’agit ici de s’interroger sur les origines, les aspects et les enjeux de ce phénomène. Comme pour toute évolution caractérisant les sociétés humaines, il importe de rechercher des racines historiques lointaines, car en identifiant ces racines, on sera mieux à même de le comprendre. Selon la formule de David Landes, dans Richesse et pauvreté des nations (p. xxi), “the best way to understand a problem is to ask: how and why did we get where we are?” (« la meilleure façon de comprendre un problème est de se demander comment et pourquoi en est-on arrivé là »). C’est l’ambition de cet ouvrage qui présente une nouvelle approche de la mondialisation à travers différents sujets : les échanges, l’évolution de l’État, les organisations internationales, la finance, les firmes multinationales, la population, les inégalités, la culture, les techniques, l’écologie et le domaine militaire. Autant de thèmes classiques sur la question, qui sont abordés tour à tour, à la fois sous l’angle historique et celui de l’actualité.

 

 

 

 

 

Voir The End of Globalisation et Could it happen again?

 

 

 

Émission à RFI, Le monde change, conférence à Ouest France, Rennes, 19 septembre 2005

 

Signature Les Portes en Ré, 6 août 2005, article dans Le Phare de Ré, 24 août 2005

 

 

 

Comptes rendus, critiques :

 

Critique et débat sur les lignes de faille en Europe : Olivier Vilaça, Les lignes de faille de l'Europe, EspacesTemps.net, réponse, article

 


Nice Matin,Var Matin, 23 mai 2005

 

 

Alternatives économiques, juin 2005

 

Rendre compte de tous les aspects contemporains de la mondialisation, en remettant chaque thème abordé en perspective historique et en présentant les débats contemporains qu’ils suscitent, telle est la mission impossible que s’est fixée l’auteur avec cet ouvrage. Sont ainsi passées en revue les questions liées au commerce, à la gouvernance, à la finance, aux firmes, aux problèmes démographiques et de société, de culture, de techniques, sans oublier l’écologie et les rapports entre conflits et mondialisation ! Bref, un livre mené au pas de charge, où l’histoire est, compte tenu des travaux précédents de l’auteur, étonnamment peu présente et où les différents sujets sont abordés trop rapidement. Ce qui provoque immanquablement quelques dérapages statistiques (le commerce international ramené à 7 milliards de dollars page 28) ou analytiques, certaines propositions méritant de plus amples développements (le Fonds monétaire international fait du bon travail ; les inégalités mondiales ont diminué ; les inégalités n’ont pas augmenté aux États-unis*, les altermondialistes sont tous protectionnistes et systématiquement présentés comme antimondialistes…).

Chronique par Christian Chavagneux (n° 237)

 

* Extrait du livre, page 184 :

"Les inégalités se sont creusées aux États-Unis dès les années 80. À partir de 1993, elles ont atteint des niveaux jamais vus depuis la Grande Dépression[1]. Le boom boursier a entraîné un enrichissement des classes moyennes, dont les revenus ont augmenté en termes réels de 2 % par an dans la décennie 1990, mais les plus pauvres ont été laissés de côté dans cette évolution. Un mécanisme de sablier se serait mis en place où une partie de la classe moyenne est aspirée vers le bas, même si la plupart réussissent à se maintenir en haut. Le revenu moyen d'un chef d'entreprise est passé de quarante-deux fois le salaire moyen de ses ouvriers en 1980, à 419 fois en 1998, soit un écart multiplié par dix."

[1] Voir Gary Burtless, “The Growing Inequalities in the USA”, July 1999, Brookings Foundation.

 

 

 

Revue Tiers Monde, PUF, 2005

 

Professeur de sciences économiques à l'université de Toulon-Var, Jacques Brasseul nous a déjà donné d'excellents livres sur l'histoire des faits économiques. Il se penche aujourd'hui sur la mondialisation. Non sans aisance, l'auteur balaye large : les échanges, l'État et son évolution, les firmes multinationales, la population, les inégalités, l'écologie, les techniques et même le domaine militaire. Les pays en développement reçoivent leur juste place, y compris les polémiques à leur enseigne, du tout marché aux altermondialistes. L'auteur présente les différentes thèses pour en faire un bilan, qu'il s'agisse de la pauvreté ou des OGM.

Un des grands mérites de ce livre est d'être conçu dans la perspective historique, trop souvent oubliée dans les débats. Il nous aide à situer de manière claire le tournant de l'économie mondiale qui apparaît à la fin du XXe siècle, les perspectives qui se dessinent, les correctifs en vue de créer un monde meilleur et, finalement, la place encore limitée des pays en voie de développement. Une véritable somme sous une forme aérée.

Gilbert Etienne

 

 

Actualité bibliographique, mai 2005

 

Autant le dire tout de suite, J. Brasseul n’aime guère les altermondialistes. Ou plutôt, il n’aime guère les outrances et les simplifications de certains discours altermondialistes. Le livre s’ouvre d’ailleurs par une citation de James Tobin qui, dans une interview au Monde  (11 septembre 2001) prenait ses distances avec les défenseurs de la « Taxe Tobin » en affirmant son attachement au libre-échange. Pour autant, la posture de J. Brasseul n’a rien d’apologétique. Il met au contraire en œuvre un esprit critique qui s’appuie sur l’histoire et une vaste connaissance des travaux contemporains sur la mondialisation : chronologies, documents statistiques, nombreuses citations font de ce livre une base de données précieuse. L’ouvrage est organisé en chapitres thématiques : commerce international, finance, écologie, gouvernance, firmes etc. C’est une mine de documents (même si on ne partage pas les choix politiques de l’auteur).

Actualité bibliographique, IUFM Aix-en-Provence, Sélection proposée par Alain Beitone

 

 

Études, tome 403, octobre 2005

 

Un économiste universitaire met un peu d’ordre dans les multiples données économico-politiques qui accompagnent la mondialisation. Travail utile pour tous ceux que désespère le fatras des statistiques internationales et qui veulent raisonner ce phénomène polymorphe. Jacques Brasseul les y aide, non seulement par son approche thématique (commerce, gouvernance, finances, firmes multinationales, culture et technologie), mais encore par une présentation claire des diverses idéologies qui tentent de rendre compte de la mondialisation. Le lecteur saura gré à l’auteur de ne pas confondre l’analyse et l’indignation devant les phénomènes sociaux injustifiables – confusion largement répandue en ce domaine. Le sous-titre, Pour une nouvelle approche de la mondialisation, fait allusion à la dimension historique de la présentation, de préférence aux habituels « modèles » qui tentent naïvement de rassembler en un tout cohérent ce qui n’est, après tout (comme la vie selon Paul Valéry), qu’« une incohérence qui fonctionne et un désordre qui agit ». De ce fait, manque la critique minimale qu’appellent les diverses théories qui se partagent aujourd’hui le champ idéologique de la mondialisation.

Etienne Perrot

 

 

 

Région et Développement, n° 23, 2006, "Une défense de la mondialisation", Michel Herland

 

 

Autres ouvrages sur la mondialisation : Jagdish Bhagwati, In Defense of Globalisation, Oxford University Press, 2005, Éloge du libre-échange, Éditions d'Organisation, 2005 ; Johan Norberg, In Defense of Global Capitalism, Cato Institute, 2003, trad. : Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste, Plon, 2004; Martin Wolf, Why Globalisation Works, Yale University Press, 2005 ; Philippe Legrain, Open World, The Truth about Globalisation, Abacus, 2002 ; Brink Lindsey, Against the Dead Hand, The Uncertain Struggle for Global Capitalism, John Wiley and Sons, 2002 ; Thomas Friedman, The World is Flat: A Brief History of the Twenty-First Century, Farrar, Straus, Giroux, 2005 ; F. Bourguignon et alii, Making Sense of Globalization, CEPR, 2002

                       

 

 

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Une curiosité, un vieux bouquin marxiste chez Maspero, au même titre : Un monde meilleur, 1964, par Jean Baby